Insolite et découverte : l’île de Socotra

Située en mer d’Arabie et appartenant au Yémen, l’île de Socotra s’est détachée du continent au milieu du Pliocène (6 MA). Ensuite, elle s’est depuis séparée du reste du monde par deux bras de mer. Elle a subi une évolution en vase clos pour les espèces végétales et animales qui ont depuis donné des espèces endémiques (dont la présence est exclusive à une zone donnée).

Actuellement, elle bénéficie d’un statut de “bijou de biodiversité” qui se retrouve actuellement menacée de disparition. Elle est inscrite également sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Île de Socrota

Histoire de l’île

Connue depuis la préhistoire, l’île se trouvant sur une route clé qui liait l’Afrique australe, la méditerranée et l’Inde. Elle fut successivement colonisée par des comptoirs commerciaux égyptiens, perses, macédoniens, romains, byzantins, arabes, portugais, etc. Socotra était déjà remarquée pour sa biologie particulière.

Le périple d’Érythrée (manuscrit de la période de l’Égypte romaine) mentionne par exemple, des crocodiles et des lézards géants ainsi qu’une végétation différente de toutes les régions voisines. On y parle également de variétés particulières d’Aloès utilisées pour leurs vertus similaires à l’Aloe vera.

Malheureusement la présence humaine à très tôt entamé la richesse en biodiversité de l’île, notamment avec l’introduction de chèvres retournées en marronnages “redevenues sauvages” qui se nourrissent de végétaux vulnérables (Exemple du figuier de Socotra qui n’existe plus que sur quelques falaises de l’île).

Description de l’île

Socotra mesure 133 kilomètres de longueur, une quarantaine de kilomètres de largeur pour une superficie de 3 579 km2.  Le climat est de type tropical/désertique/semi-aride. Fortement influencée par les moussons, il n’y a néanmoins pas de tempêtes à Socotra, mais il arrive parfois que l’île soit sur la trajectoire d’un cyclone.

Il y a plus de 800 espèces de plantes à Socotra dont un tiers y sont spécifiques (endémiques), l’un de ses exemples phares est le dragonnier de Socotra (Dracaena cinnabari) dont la sève rouge qui est l’origine de son nom (il serait issu du sang d’un dragon tué par Hercule) fut une denrée marchande de haute valeur. Un autre emblème est la rose du désert (Adenium obessum) que l’on retrouve parfois en jardinerie.

Dracaena cinnabari

On y retrouve également Dendrosicyos socotrana une plante de la famille des Cucurbitacées (potirons, melon, citrouilles) qui y pousse de manière arbustive et qui monte jusqu’à 6 mètres de haut ou Cissus subaphylla une liane dont le rôle écologique est capital puisqu’elle assure la protection des jeunes pousses d’autres espèces végétales et permet ainsi de lutter contre la déforestation et l’assèchement général de l’île.

Il y a aussi l’Aloe perryi à la floraison orange superbe ! Ou encore le Boswelia socotrana une plante qui se retrouve parfois chez les collectionneurs de plantes de déserts pour l’allure hybride qui rappelle à la fois les Acacias et les euphorbes, et que l’on utilise à la manière de l’encens.

Aloe perryi
Boswellia socotrana

D’autres catégories du vivant trouvent leurs comptes d’espèces singulières sur l’île puisqu’on y retrouve un Caméléon endémique, des crabes d’eau douce, une espèce de moineau inféodée à l’île, une araignée bleue métallique.

Une île peu accessible

Socotra est actuellement peu encline au tourisme, il y a bien un aéroport près de la capitale, mais l’île est quasiment impossible d’accès entre mai et septembre à cause des vents. De plus, les récents conflits  opposant les rebelles yéménites chiites Houthis et une coalition de pays arabes menée par l’Arabie saoudite rendent encore la possibilité plus dangereuse et compliquée.

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