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Mandragore : au-delà de la légende

La mandragore est une plante associée à la magie, aux sorcières et aux légendes connue depuis l’antiquité. Le nom pourrait venir de Namta, un démon assyrien à l’odeur outrageante à l’origine des épidémies ou du Sanskrit (langue indienne) ou elle signifiera « substance du sommeil ». Les amateurs de plantes rares sont souvent intrigués par cette plante à part. Démystifions cette forte personnalité botanique.

Gravure de 1390 représentant le rituel d’arrachage

Introduction

La mandragore (Mandragora officinalis) est une plante de la famille des Solanacées (tomates, poivrons, pomme de terre, belladone, pétunia, tabac, etc.). On la retrouve dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen (Grèce, Maroc, Tunisie, Italie, Espagne, etc.). On la retrouve dans les clairières, les bois ouverts, prairies basses et zones de ruines. Malheureusement, les populations sont vulnérables et dispersées. La floraison allant du blanc-vert au bleu violacé intervient entre septembre et avril et semble liée à l’abondance des précipitations. Selon les auteurs il existe 3 ou 4 espèces de mandragores, mais la mandragore officinale est la seule à bénéficier d’un tel statut de légende.

Mandragora officinalis par Tato Grasso travail personnel

Histoire

Sa racine anthropomorphe et ses composants psychotropes ont fait de la mandragore une plante remarquée très tôt dans l’histoire de l’humanité. Il semble qu’elle soit déjà renseignée dans la bible et en Égypte antique. Hippocrate, considéré comme le père de la médecine moderne, recommande la racine de mandragore pour aider les gens déprimés. Il mentionne toutefois qu’un mauvais dosage de la plante peut causer le délire. Les magnésiens quant à eux, l’utilisait comme stimulant pour doper les athlètes. Au Moyen Âge, il est réputé que l’arrachage d’une mandragore doit se faire selon un procédé rituel pour éviter que la folie et la mort ne s’ensuive. Lors de la grande période de la chasse aux sorcières en Europe (du 15ᵉ au 17ᵉ siècle) elle est reconnue comme un onguent caractéristique des sorcières qui auraient pour habitude de s’envoler dans les airs en enduisant l’extrémité d’un balai qu’elles s’introduiraient dans le vagin. Plus tard, on retrouvera encore l’usage de la mandragore dans certains rites vaudous en Amérique. Actuellement on la retrouve encore dans la culture populaire avec notamment les films de la sage Harry Potter (2001-2011) ou le labyrinthe de Pan (2006).

Mise en garde

Le statut mythique de la mandragore la rend attractive pour de nombreuses personnes désireuses de tester ses propriétés psychotropes, aphrodisiaques et ou médicinale. Il faut cependant décourager fortement ces usages qui présentent des dangers multiples due à la présence d’alcaloïdes neurotoxiques et à d’autres composés nocifs.

Culture

Selon une croyance populaire, le fait de posséder et de prendre soin d’une mandragore apporte la prospérité, richesse et fécondité. Pour cela, il faudra à la mandragore une terre fine et très riche qui soit fraiche sans être excessivement humide. L’exposition sera ensoleillée et elle sera protégée en hiver (min −5°). Une période de repos intervient souvent en début d’été avec disparition du feuillage. La reproduction s’effectue principalement par semis dont il faut stratifier les graines à froid (placer dans un réfrigérateur par exemple) pendant 1 à 3 mois avant la mise en terre. Une fois la mise en terre effectuée, il est conseillé de les élever à plus de 10° pour effectuer le déclenchement hormonal nécessaire à la germination. Si la culture se fait en pot, celui-ci devra se montrer assez profond pour la grande racine pivotante de la plante. En effet celle-ci n’apprécie pas fort les rempotages et les différents transferts. Il en va de même pour l’exposition aux vents qui peut être fatale.